11 mars 2026

Les Disparues de la Vallée

 

Assis sous le grand chêne centenaire, Pierre assistait de loin, bien caché,

à la reconstitution du meurtre dans l'affaire du "Capitaine Ferry "

On l'avait toujours appelé capitaine car il portait depuis tout gosse

un casquette de marin que son père avant lui avait porté avant de mourir.

Joseph Ferry était accusé d'avoir tué la jolie Ninon âgée de seize ans

que tout le monde connaissait au village depuis sa naissance.

Il était accusé aussi pour la disparitions de 5 autres jeunes filles.

De la haut, Pierre voyait tout, il surplombait toute la vallée.

Il connaissait ce lieu depuis son enfance où il avait fait des bêtises

hilarantes avec les copains qui l'avaient tous laissé tomber pour aller à la ville.

Il en était devenu désabusé, sans rien de bien captivant à faire.

Depuis ses quatorze ans, il était le menuisier de la vallée.

On ne lui connaissait pas de petites copines; Timide, il les fuyait.

Son évolution n'avait guère progressée pourtant c'était un redoutable travailleur.

Cela s'agitait en bas. On parlementait beaucoup.

Le capitaine Ferry qui avait toujours clamé son innocence, un soir, à bout de forces

avait avoué, reconnu le meurtre pour être enfin tranquille et dormir.

Depuis, revenu sur ses aveux, il criait, hurlait son innocence.

Son avocat ne lui avait pas trouvé un seul alibi pour l'heure du meurtre

et lui dit qu'il dormait, seul chez lui, comme toujours à cette heure là.

Des investigations avaient été menées mais de cela Pierre ne savait rien.

Puis Pierre vit arriver des ambulances, des gens habillés

tout en blanc avec des grosses mallettes, une pelleteuse.

La pelleteuse creusait déjà le sol, à quelques centaines de mètres de l'église.

Mais pourquoi une pelleteuse ? Le corps de Ninon avait été retrouvé.

Cinq ans que le corps de Ninon avait été retrouvé.

Alors pourquoi creuser ? Pierre ne put empêcher son cœur de battre plus vite.

Il avait avoué le capitaine alors quoi ???

Pourquoi n'en restaient ils pas là tous ces gens là ?

Soudain l'engin s'arrêta de creuser. On se pencha, on regarda.

On baissa la tête... Un corps était là, puis un autre à quelques pelletées...

Pierre avait des sueurs froides..

Pierre pleurait....

Les larmes coulaient sur ses joues sans qu'il pense même à les essuyer.

Il pleurait tant que sa vue se brouillait,

Sa limite de souffrance atteinte, il sanglota à en crier.

En bas, près de l'église, à présent six corps reposaient dans des bâches noires fermées.

Les pelleteuses avaient creusé partout où le détecteur avait repéré quelque chose.

Pierre fut pris de frissons quand il vit qu'on emportait les corps.

Le capitaine, menottes aux poignets remonta dans la voiture avec les gendarmes

sans avoir fait aucun geste pendant le reconstitution.

En fait il ne savait pas quoi faire. Il n'avait rien en mémoire. Il ne put que répéter son innocence.

Les voitures mortuaires partaient, emmenant les corps au légiste pour les autopsies sans doute.

Pierre redescendit de sa colline, un peu calmé,

il espérait en apprendre plus au village.

Il questionna mais personne n'en savait plus et les gens savaient à quoi Pierre pensait.

Tous eurent des regards ou des gestes compatissants.

Tous, dans la vallée se rappelait de Lucie.

Lucie, sa lumière de vie, la seule famille qui lui restait après la mort

de leurs parents dans l'incendie de leur ferme.

Lucie, disparue à quinze ans. Lucie qui lui avait été confiée.

Depuis l'âge de ses dix ans il élevait seul Lucie.

Il avait vingt cinq ans quand on lui confia la garde de sa petite sœur.

Une grossesse tardive de leur mère qui pensait ne plus avoir d'enfant.

Et Lucie les avait comblé de bonheur.

Pierre avait poursuivi son éducation, la couvant comme son bien le plus précieux.

Il avait l'audace et la fierté de penser qu'il faisait un bon père-frère.

Voilà cinq ans que Lucie avait disparue un soir d'été. De la fête du village,

jamais elle n'était revenue.

Des recherches avaient été menées, des affichettes posées sur les vitrines et les arbres.

L'enquête n'avait rien donné de concret.

Voilà pourquoi Pierre pleurait.

L'atmosphère était lourde, étrange, angoissante..

Six familles vivaient le même drame , la même galère que lui.

Seuls les parents de Ninon avaient pu entamer leur deuil.

Il n'y avait pas de mots pour décrire leurs souffrances.

Depuis cinq années, ils allaient de déceptions en espoirs chaque fois

que l'on retrouvait un corps dans la région.

Mais lui il voulait penser qu'elle était vivante, qu'elle était quelque part.

Il demandait souvent pardon à dieu et à tous les saints...

Il se sentait tellement responsable. Il n'aurait pas dû la laisser seule,

mais à quinze ans, elle voulait un peu de liberté , être avec ses amis et à la fête locale

il n'y avait pas vu de danger, tout le monde connaissait Lucie...

Et si elle était parmi les corps ? Et si elle avait été tuée ?

Pierre, assis dans le fauteuil du père avait le regard figé vers la fenêtre.

 Il se souvenait de la belle époque où Lucie, pieds nus, marchait sur l'herbe fraîchement tondue. 

Il se souvenait de la bonne odeur du bonheur, de la présence de la joie aux couleurs d'amour.

 Lucie qui adorait voir fleurir les fleurs du jardin, quoi de plus normal que cette vie ?

 Il entend toujours son rire et à ce souvenir, esquisse un sourire qui veut paraître gai, mais dans cœur, il est triste. 

Depuis sa disparition, il était devenu un autre Pierre. On le voyait souvent marcher dans la vallée, scrutant des recoins, 

Il aurait tant voulu trouver quelques choses, n'importe quoi qui le mette sur la piste de sa sœur. 

Il ne savait plus quoi faire et parfois devenait incohérent dans ses recherches. 

Où était donc sa petite sœur ? 

Il ne pensait qu'à cela, c'est pourquoi, il n'était pas avec les autres dans la grande salle de la mairie.

 Les familles étaient réunies la bas. C'est aujourd'hui qu'elles allaient savoir. Pierre restait devant la fenêtre. 

Immobile, seuls quelques clignements de ses yeux prouvaient qu'il était vivant.. 

Vivant oui mais si mort à l'intérieur. Il ne savait pas depuis combien de temps il était là quand soudain, on frappa à sa porte. 

Son cœur s'emballa, le sang battit à ses tempes tandis qu'il ouvrait... 

Tony était là. Tony le garde champêtre, Tony son ami aussi. Tony, il sait tout sur tout. Tony l'avait soutenu. Mené les recherches. Placardé les affiches. 

Tony avait toujours été là. Il se regardèrent intensément, sans parler puis Tony dit ; Voilà c'est fait mon Pierre , tous les corps ont été identifiés... 

Pierre le visage blême resta là devant Tony, sans bouger, le souffle court. 

C'était comme si il ne pouvait plus respirer. 

Il prit une grande inspiration et dit; "Lucie est la bas ? " Tony prit Pierre dans ses bras le serrant fort et lui dit; 

" Non Pierre elle n'y est pas " Pierre pleura, sanglota, se laissa tomber sur une chaise pendant que Tony s'asseyait sur une autre pour lui expliquer les conclusions de ce qui leur avait été annoncé.

 Toutes les jeunes filles étaient les disparues de la région et du village mais pas Lucie.

 " Pierre n'arrêtait pas de répéter; " Mais ou est ma sœur ? Mais où est ma Lucie alors ??" 

Dans un village, à quelques centaines de kilomètres de là où les corps venaient d'être retrouvés, 

un couple d'épiciers ambulants regardait les nouvelles au JT . 

Les tissiers , Monique et Roland, la jeune soixantaine, avaient eux aussi perdu une fille.

 Mais pas disparue comme celles çi non ! Leur fille chérie avait été écrasée par un chauffard ivre et il ne leur restait plus que Cathy. 

Sur le bahut, trônaient des photos de chacune d'elles. Il la protégeait plus qu'il ne le devait mais on pouvait les comprendre.

 Roland, soudain, entendit le procureur dire que les six corps retrouvés avaient été identifiés sauf Lucie Dumont, 

qui elle n'était pas parmi les corps. Il prit Monique dans ses bras, la serra fort et tous deux regardèrent Cathy  qui révisait ses devoirs de vacances avant la prochaine rentrée.

 Elle allait faire sa terminale et ils en étaient très fiers.. 

Roland dit tout bas à Monique. "T'en fait pas ma chérie, celle là, on ne nous la prendra pas "

 Monique, les yeux mouillés de larmes, de ce deuil, jamais remise, en avait perdu le sommeil.

Roland, toujours bienveillant avec elle, mais diablement protecteur, consacrait sa vie

à veiller sur elles et à leur travail dans lequel ils formaient une bonne équipe.

Ils aimaient tous les deux le charme de chaque village où ils allaient vendre

leur marchandise et s'étaient attachés à leurs habitués.

Il leur avait fallu se construire une autre vie après la perte de enfant.

Une autre vie sans elle.

Cinq ans qu'ils survivaient sans elle, cinq ans qu'il avaient fait de Cathy, 

la prunelle de leur yeux après que ce chauffard eut tué leur fille ainée.

Cinq années que cet assassin vivait tranquille, sans jamais avoir été appréhendé.

D'ailleurs Roland disait toujours qu'ils avaient bien vite laissé l'enquête de côté.

Plusieurs fois il était allé chez les gendarmes, puis un jour on lui fit comprendre

qu'il ne fallait pas revenir, que si quelque de nouveau se produisait, on l'appellerait.

Aucun appel n'était venu et Roland ruminait sa colère et son désespoir.

Demain, une nouvelle semaine. Demain ils déposeraient Cathy à l'internat

puis ils feraient leur tournée, ensemble certes, mais la mort dans l'âme.

Cinq années qu'ils vivaient ainsi, sauf les mardi ou c'étaient les jours que Monique consacrait aux taches de la maison, aux papiers ou autre chose pour la gestion de la maison.

Pierre, resté seul après le départ de Tony lui aussi regardait les infos.

L'affaire des disparues, après la découverte des six corps allaient être relancée.

Cinq ans de son absence, cinq ans à ne penser qu'à elle sans jamais oser s'évader.

Sans jamais osé partir, de peur qu'il ne soit pas là à son retour.

Il était soulagé d'avoir l'atelier attenant à leur maison.

Il pouvait travailler et surveiller.

Il en avait du travail car il était le seul menuisier de la vallée..

Perspicace, il avait suggéré des tas d'idées pour chercher Lucie. Toutes s'étaient

avérées négatives, Les gendarmes avait cessé de chercher, il le savait bien.

Il se pensait victime d'une manipulation terrible ou d'une malédiction tant il ne trouvait rien.

On ne savait qu'une chose de ce soir là, elle avait voulu partir seule.

Elle n'avait rien dit à ses amis de spécial. juste ces mots ;

" A demain je rentre "

Elle n'avait même pas un kilomètre à faire alors personne ne s'est inquiété.

 Il restait le seul des sept familles à ne pas savoir...

Six savaient ce que la famille de Ninon savait.

Valait il mieux ne pas savoir ou savoir et vivre ce que vivait les familles maintenant ??

 Les Tissier venaient de déposer Cathy à l'internat avec mille recommandations comme toujours.

Cathy commençait même à lever les yeux au ciel, et souffler, mais se contentait de dire "" Oui d'accord ''

Le camion plein, la tournée commençait.

Roland déploya l'auvent au premier village où attendaient les habitués.

Bien sur ils parlaient tous de l'affaire des disparues, chacun y allant de son idée.

Monique, toujours les yeux tristes disait;

"Ah les pauvres parents, comme je les comprends. "

Une fois pris des nouvelles et servis leurs clients, ils repartaient pour le prochain arrêt.

Ce jour là, Monique dit à son mari :

" Ces pauvres gens tu te rends compte Roland, eux, ils sont comme nous.

 Orphelins de leur enfant. mais ce pauvre jeune homme, lui il ne sait pas où est sa sœur, 

ce doit être dramatique de ne pas savoir."

"Tu sais ma chérie, chacun porte sa croix et ce qui doit arriver arrive.

Crois tu que nous on a mérité ce qui nous est arrivé ?

Les yeux fixés sur la route, Roland reprenait son masque de colère et serrait un peu plus son volant.

Toujours il avait l'image du visage de sa fille devant les yeux

 et son sourire joyeux qui finissait en éclats de rire.

Voilà presque deux semaines que les corps avaient été retrouvés.

Finalement le "Capitaine" Ferry avait été remis en liberté.

Il était rentré chez lui mais les regards soupçonneux l'avaient accompagnés.

Comment se sortir indemne d'une telle situation ? Suspecté, incarcéré dans une affaire de meurtre.

Ils n'avaient trouvé aucun élément pouvant l'inculper alors Joseph avait été libéré mais

il savait bien qu'il serait surveillé, épié, en fait toujours suspecté.

Toujours il crierait son innocence, il ne ferait que ça. 

Arrêté parce qu'il connaissait toutes ces jeunes filles.

Mais comment ne pas les connaître, elles et toutes les filles des villages?

Il était le lien entre elles et leurs écoles. C'était lui le chauffeur de bus !

C'était lui qui les conduisait toute la semaine. Joseph pensait sans doute à ce temps là en regagna sa maison.

Pierre l'avait vu passer de son atelier. La maison du "Capitaine" était à quelques pas de son atelier.

Joseph ne l'avait pas regardé. Il avait baissé la tête en passant.

Pierre ne l'avait pas non plus salué comme il aurait fait avant.

""Ohé Capitaine ! Tiens bon la barre hein Joseph " aurait il crié à Joseph...Mais pas ce jour là.

Non, il n'avait pas pu car il ne savait pas, il ne savait rien. 

Et si c'était lui ? 

Il se souvient avoir pensé cette phrase et peut être même l'avait-il dite à haute voix.

Voilà plus de quatre ans que Joseph avait été libéré.

Puis un beau jour, sans doute avec l'autorisation, il  avait quitté le village. On ne savait rien d'autre.

Il en avait eu assez de supporter les regards accusateurs alors qu'il se savait innocent.

On n'avait plus entendu parler de lui et les médias non plus.

Pierre ce matin, se rendait chez les gendarmes. Il voulait savoir si quelques indices

nouveaux auraient pu mettre sur une piste avec la découverte des corps de jeune filles.

Ils ne pouvaient rien lui dire bien sûr.

Glissant comme une anguille sur le sujet, le gendarme de service le regarda quand

même tristement car il connaissait bien Pierre.. 

Chaque fois qu'il venait ici, il repartait encore plus meurtri. 

Personne ne l'informait ! On ne lui disait rien ! Mais de sa sœur, ils ne savaient rien.

Il aurait tant voulu mettre un point final à sa quête et la retrouver !

Il voulait la revoir, retrouver son brin de folie, sa voix tonitruante quand

elle criait dans le vent.

Il sortit et pour lui dehors il faisait noir comme dans son cœur.

Avec le temps, rien ne se passait qui puisse lui donner un petit espoir de savoir.

C'était comme une énigme dangereusement insoluble.

Même Tony ne savait plus le consoler.

Tony son ami de toujours que Lucie idolâtrait.

Comme il pensait à Tony, il fit un détour par la mairie pour voir Tony.

Il le trouva alors qu'il arrivait d'une patrouille sans doute.

Ils discutèrent un peu mais Tony n'avait pas le temps, il devait aller

rendre un service au maire et Pierre voyait bien qu'il ne dissimulait pas

un sentiment de fierté depuis qu'il avait été promu garde champêtre.

Il le laissa donc et rentra chez lui.

On était mardi. Monique s'occupait des tâches à faire. C'était court un seul jour pour tout faire.

Parfois elle devait continuer le dimanche, leur jour de repos. 

On était mardi donc Roland allait au village des disparues ce matin ! Elle y pensait beaucoup.

Elle se demandait comment il allait réagir, elle espérait qu'il soit compréhensif car depuis

le décès de leur fille ainée, il était bourru, coléreux, sauf avec elle et Cathy...

Roland ouvrait son auvent sur la grande place du village. Là où les corps avait t été découverts.

Les villageois arrivaient. L'arrivée de Roland était toujours attendue le mardi.

Il rapportait souvent des commandes de la ville, les journaux aussi, les mensuels.

Toujours les mêmes venaient mais ce mardi, Tony et Pierre ne sont pas venus. Roland l'a bien remarqué mais n'a rien dit. 

Il repartit une fois ses livraisons et commandes faites à tout le monde. Les saluant avec un "A mardi prochain ", sans avoir trop parlé.

En roulant sur le chemin du retour puisque c'était le fin de sa tournée, Roland vit Tony escalader la colline.

Roland sourit car il pensait que ce sacré Tony depuis qu'il était passé garde champêtre était bien fier.

Mais il se demanda quand même ce que pouvait bien trafiquer ce Tony en haut de la colline...

Surtout pourquoi avait il l'air de transporter des outils ?? Enfin bref,

ce n' était pas ses affaires, lui il avait la route à faire pour retrouver Monique.

Pierre, au travail dans son atelier venait lui aussi de voir l'épicier repartant du village en passant devant son atelier comme toujours. Il n'avait pas comme chaque fois été prendre quelques courses au camion, car il était allé en ville renouveler sa quincaillerie et en avait profité pour faire le plein de la semaine. Roland lui fit un grand signe d'aurevoir auquel Pierre répondit naturellement.

Se délassant un instant après sa matinée de travail, son regard se porta sur la colline, il  vit Tony descendre de la colline, mais lui le vit sans outil. Il se demanda ce que pouvait bien faire la haut le Tony. Arrivé en bas vallon, Tony passa devant chez Pierre qui en profita pour lui demander ce qu'il se passait la haut !

" Oh rien dit Tony, c'est juste que le maire veut restaurer la maison abandonnée de la colline, alors je suis allé y faire quelques bricoles""

Pierre était intrigué de la réponse confuse, de Tony en ce qui concernait la vieille maison car il n'en savait rien et le maire ne lui en avait pas parlé alors il décida d'aller y jeter un œil, voir si il pouvait aider Tony.

Arrivé en haut de la colline, la douleur sourde en lui se réveilla, c'est là que l'on avait déterré les corps. La mine défaite à ce souvenir encore récent, les pensées en désordre, il décida de chasser ces délires de sa tête. Les conflits avec lui même lui pesaient trop et devaient cesser. Il le savait.

Peu importe qu'il s'en défende, tout se mélangeait, rien ne concordait de ses suppositions au sujet de la disparition de sa Lucie.

La vieille maison n'était pas si délabrée que ça. Pierre s'étonna de voir un gros cadenas à la porte puisque la maison avait toujours été ouverte aux quatre vents mais il est vrai que depuis des années il n'était pas venu ici. La maison était à peu près deux kilomètres plus haut de là où l'on avait repérés les corps.

Il essaya de regarder par les fenêtres mais elles étaient bouchées par des cartons de l'intérieur. Il contourna la maison et vit une lucarne ouverte. Il passa la tête  et ce qu'il vit lui fit faire un bond en arrière..

Oui il avait bien vu. Là sur le mur étaient accrochées des photos bien alignées…

 Pierre assis face à la lucarne, la tête dans les mains, sentit une grande flemme l'envahir tout entier, il se sentait en manque d'air, presque en dehors de lui. Non ce ne pouvait être vrai. Il avait mal vu. 

C'était une mauvaise blague.

Il était venu là pour savoir s'il pouvait aider Tony, lui dire ensuite qu'il serait là en cas de besoin, comme seul un ami fait, sans rien demander. Il n'avait écouter que son cœur, il aimait Tony comme un frère.

Il redescendit aussi vite qu'il le put pour aller avertir les gendarmes de sa découverte. Tout chamboulé il expliqua. Plusieurs gendarmes le suivirent jusqu'à la maison abandonnée. Le cadenas fût vite retiré et tous restèrent pétrifiés parce qu'ils virent. Pierre aussi vit clairement ce qu'il avait seulement entrevu. Un gendarme demanda à tous de reculer, passa quelques coups de téléphone referma la porte et un gendarme resta là en surveillance tandis que tous redescendirent au village.

Mais Pierre avait vu !

Sur le mur sept photos, sept mèches de cheveux. Il y avait là les photos des sept disparues de la région, sauf une qui n'était pas une disparue mais tuée par un chauffard, la fille des Tissier. Il y avait avec Cathy, Ninon, Lucie, Manon, Sophie, Justine, et Carla. Sous chaque photo, une mèche de cheveux. Les photos étaient un peu jaunies par le temps.

Pierre laissa éclater sa douleur, le corps secoué de sanglots.

Il pleura très longtemps. 

Mais où était Lucie ? Sa photo était là.. Pourquoi ???

 Dans l'heure qui suivie, les investigations furent menées minutieusement. Tout fut photographié, étiqueté, mis en sachet pour être analysé. On trouva du tissu, un sac en toile déchiré et d'autres indices. Tout fut passé au peigne fin, rien de devait être laissé dans le vague, rien de ne devait leur échapper mais après tant d'années cela serait il encore exploitable ?

Le temps file vite, mais pas assez pour Pierre qui ne cesse de questionner pour démêler le vrai du faux. Il ne peut qu'essayer de réprimer l'énervement qui l'agite affreusement. Il veut qu'on lui confie les avancées de l'affaire.

Il veut savoir où est sa sœur ! Lucie n'est pas dans les corps retrouvés. Alors où est - elle ? Il songeait à toutes les solutions possibles encore une fois, il se triturait l'esprit à envisager qu'elle était quelques part, vivante ! Qu'il y avait une erreur sur la photo, que ce n'était pas elle mais une autre lui ressemblant ! Que peut être un complice du tueur l'aurait enlevée, gardée.....

Il demande, il supplie les gendarmes de lui parler. Seul l'officier de garde ce jour là voulu bien lui dire que "le capitaine Ferry n'avait rien à voir avec l'affaire , il ne pouvait lui dire que ça ! Mais cela n'arrangeait en rien Pierre.

Lui, il voulait juste savoir où était sa sœur ? 

Le lendemain Pierre vit passer de nouveau la pelleteuse sur la colline.

Tout le village était en émois.

Plus personne n'avait pensé à cette maison abandonnée depuis des lustres.

0l'intérieur les investigations avaient mis à jour bien des changements. Tout avait été refait dedans sauf le sol. Murs et plafonds recrépis.

Les Tissiers furent convoqués et en larmes confirmèrent que la photo était celle de leur fille, tuée il avait des années sur la route, aussi ils demandèrent juste pourquoi sa photo se trouvait là, parmi celles des disparues ! On leur dit que plus tard ils sauraient tout.

Que l'enquête était sur le point d'être conclue.

La pelleteuse œuvrait dans la maison et ce que supposa la procureur se confirma. On retrouva un corps, enterré sous le plancher de la maison. L'autopsie révéla qu'il s'agissait bien de Lucie, la sœur de Pierre.

Anéanti, Pierre ne parlait plus. Il était figé dans sa douleur. Seules quelques larmes brûlantes coulaient ses joues. Plus aucun espoir ne pouvait subsister. Tony fut arrêté après que Roland et Pierre dirent l'avoir vu descendre de la colline et d'autres l'avaient vu plusieurs fois aussi sans s'en inquiéter, après tout c'était le garde champêtre.

Les villageois, choqués et complètement abasourdis par la nouvelle n'en revenaient pas. C'était donc lui qui avait tué toutes ces jeunes filles ??

Tony ne mit pas longtemps à avouer. Oui C'était lui.

La première fut Cathy, mais elle lui échappa, alors il l'écrasa avec la voiture. La laissa là, puis pour Ninon, il fut dérangé par un couple d'amoureux, il n'eut pas le temps de l'enterrer comme les autres. Personne ne pouvait le soupçonner.

Puis il y eut Lucie ! Ah Lucie, Lucie la courageuse qui lutta beaucoup. Lucie qui ne voulait pas se laisser faire, Lucie qu'il avait frappé trop fort, Lucie qu'il avait voulu garder près de lui, Lucie car il l'aimait depuis toute petite. Alors Lucie, il l'avait enterrée sous la maison, près de lui quand il venait là. Il demanda pardon mais ne fut entendu par personne.

L'affaire fit grand bruit dans les médias et le silence régnait dans le cœur de Pierre, la souffrance emplissait tout son être. Les Tissiers continuèrent de faire leur tournée, partageant avec Pierre et les autres la même douleur du deuil. On vit revenir ''le capitaine Ferry'' qui se réinstalla dans sa maison, lavé enfin de tous les soupçons mais dans le village, plus jamais la vie ne fut la même.

Pierre traîna sa souffrance toute sa vie.

Maintenant il savait que parfois il vaut mieux ne pas savoir pour que l'espoir demeure encore..

07 mars 2026

"La Liste Mortelle"

La nuit tombait sur la ville, et l’Institut des Donneurs d'Organes brillait comme un phare de lumière dans l'obscurité. À l'intérieur, François Delatour, un homme d'une cinquantaine d'années, au visage marqué par les années de service, déambulait dans les couloirs silencieux. Ses pensées tourbillonnaient autour de la maladie qui ravageait sa fille unique, Léa. Les médecins avaient été clairs : sans une greffe de foie rapide, elle n'aurait plus que quelques mois à vivre. Mais la liste d'attente était longue, désespérément longue. François savait qu'il devait agir, et vite.


Chapitre 1 : Le premier meurtre


La première cible de François était Marcel Lebrun, un homme de 75 ans, en tête de liste pour recevoir un foie. Marcel, autrefois un ouvrier acharné, vivait seul dans un appartement modeste. La solitude pesait sur lui, et sa santé déclinait depuis des années. François savait que personne ne viendrait soupçonner la disparition d'un vieil homme isolé.


Un soir, François s'introduisit discrètement dans l'appartement de Marcel, portant un masque chirurgical et des gants. Il avait soigneusement planifié chaque détail. Il repéra l'ancien poêle à gaz de Marcel, un modèle obsolète, susceptible de provoquer une fuite. François relâcha doucement le robinet du gaz, puis quitta l'appartement en silence, fermant la porte derrière lui. Quelques heures plus tard, le bâtiment entier fut réveillé par l'odeur suffocante du gaz et la découverte macabre de Marcel, étendu sans vie sur le sol de sa cuisine.


Les autorités conclurent rapidement à un accident tragique. François, qui avait pris soin de se trouver un alibi solide, ne fut jamais suspecté. Léa grimpa d'une place sur la liste d'attente.


Chapitre 2 : Le piège du sportif


La seconde cible de François était Thomas Garnier, un jeune homme de 29 ans, ancien athlète de haut niveau. Thomas avait été contraint d’abandonner sa carrière prometteuse à cause de la maladie du foie qui le rongeait. Bien que malade, il continuait à s'entraîner quotidiennement, espérant un jour retrouver sa forme d'antan après la transplantation.


François décida de s'en prendre à lui lors d'une de ses séances d'entraînement en solitaire. Il avait observé Thomas de loin pendant plusieurs jours, apprenant ses habitudes, ses trajets, ses horaires. Un matin, alors que Thomas courait sur son parcours habituel à travers une forêt isolée, François le suivit discrètement à vélo. Arrivé au sommet d'une pente, il attendit le moment parfait.


Soudain, François, toujours masqué et vêtu d'une combinaison sombre, dans sa voiture roula derrière Thomas et le percuta violemment, le projetant dans le fossé. La chute fut brutale. Thomas perdit connaissance e.t mourut

 Il laissa ensuite le corps là où il était tombé, s'assurant qu'il semblait s'agir d'un accident dû à une chute malheureuse. Lorsque les secours trouvèrent Thomas, il était trop tard. Une mort naturelle due à une chute, pensaient ils. Encore une fois, François ne fut pas inquiété.


Chapitre 3 : La mère de famille


Ensuite, François se concentra sur Sarah Lambert, une mère de deux jeunes enfants. Sarah était une femme aimée de tous, active dans sa communauté et connue pour sa gentillesse. Son état de santé s'était dégradé récemment, mais elle gardait l'espoir d'une greffe imminente.


François était conscient que cette cible était risquée. Sarah avait une grande famille et un réseau d'amis qui la soutenaient. Toute mort soudaine pourrait être examinée de près. François décida donc de faire en sorte que Sarah semble succomber à une complication naturelle liée à sa maladie. Il entra en contact avec elle sous une fausse identité, se présentant comme un spécialiste capable de fournir des médicaments expérimentaux pour améliorer sa condition. Sarah, désespérée de vivre pour ses enfants, accepta la proposition.


François remplaça les pilules par des substances toxiques mais indétectables, provoquant progressivement une défaillance systématique du foie. Sarah mourut dans son lit, entourée de sa famille, après une courte et brutale aggravation de son état. Les médecins attribuèrent sa mort à une complication imprévisible de sa maladie. Cette fois encore, François s'en sortit sans encombre, et Léa monta encore dans la liste.


Chapitre 4 : Le politicien influent


Enfin, François devait s’occuper de Paul Beaumont, un politicien puissant, connu pour ses relations haut placées. Beaumont était douzième après les décès précédents. François savait que cet homme était surveillé, et qu’une simple erreur pourrait tout révéler.


Il décida de jouer sur la paranoïa du politicien, exploitant son obsession pour la sécurité. François pénétra dans la maison de Beaumont et manipula le système de sécurité pour provoquer une série de fausses alertes. Beaumont, pensant être la cible d'un complot, sombra dans un état de stress intense, affectant gravement son cœur affaibli.


La nuit fatidique, François déclencha une dernière alarme et attendit que Beaumont, terrifié, prenne les médicaments qu'il avait lui-même substitués plus tôt. Les pilules contenaient un anticoagulant puissant, qui, combiné à son stress, provoqua une hémorragie interne. Beaumont fut retrouvé mort dans son lit, un sourire crispé sur le visage. Cette mort apparut comme une crise cardiaque, causée par l'intense angoisse de ces derniers jours. Une fois de plus, François échappa aux soupçons.

François tua en tout ainsi onze personnes et à chaque fois on cru a une mort naturelle jusqu'à ce que…


Chapitre 5 : La chute


Alors que François croyait avoir réussi à sauver sa fille, l'inspecteur Éric Vernet avait rassemblé suffisamment d'indices pour comprendre que les décès n’étaient pas accidentels. Il recoupa les dossiers médicaux, les circonstances de chaque mort, et le point commun qui les reliait : ils étaient tous en attente d'un foie, et François Delatour avait accès à toutes les informations.


Le jour où Léa devait recevoir son foie, Éric Vernet se présenta à l'hôpital avec un mandat d'arrêt. Devant Léa, horrifiée, il révéla la vérité : son père était un meurtrier. François fut arrêté, ses crimes dévoilés au grand jour. Léa, sauvée physiquement, fut marquée à vie par les actions de son père.


Épilogue :


François Delatour, jugé et condamné pour ses crimes, croupit désormais en prison. Son histoire devint un sombre exemple de ce que le désespoir et l'amour peuvent engendrer. Léa, quant à elle, tenta de reconstruire sa vie, mais l’ombre des actes de son père planait sur elle, lui rappelant sans cesse la question insoluble : 

jusqu’où un père peut-il aller pour sauver son enfant, et à quel prix ?

23 février 2026

L' affabulatrice


 Il existe une femme énigmatique, dont le visage masquait habilement 

sa véritable personnalité. 

Elle se déguisait en différents rôles sur les réseaux sociaux, 

inventant des vies captivantes pour susciter l'admiration et l'envie des autres. 

Derrière son écran, elle tissait une toile complexe de mensonges, 

manipulant avec soin chaque détail pour brouiller les pistes.


Cette femme était légèrement dérangée dans sa tête, 

se perdant dans le labyrinthe de ses propres illusions. 

Elle développait une obsession malsaine pour sa propre famille, 

épiant chacun de leurs faits et gestes avec une minutie effrayante. 

Dans son esprit tourmenté, elle était réconfortée dans le contrôle 

total de leur vie, même si cela signifiait mentir à ses propres enfants.


Les mensonges étaient devenus son art, 

et elle les utilisait sans scrupules pour dissimuler ses véritables intentions. 

Elle racontait des histoires fausses sur ses sœurs, 

semant la discorde et la méfiance entre elles. 

Ses amis, eux aussi, n'étaient pas épargnés 

par son imagination débridée. 

Elle fabulait des récits extravagants 

pour les dévaloriser ou susciter la pitié des autres.


Mais derrière cette façade de mystère et de tromperie, 

se cachait une âme tourmentée, 

une femme en proie à ses propres démons. 

Ses mensonges étaient le fruit d'une insécurité profonde 

et d'un besoin désespéré d'attention et d'approbation. 

Elle se sentait impuissante face à la réalité 

et se réfugiait dans un monde de faux-semblants, 

où elle pouvait être la personne qu'elle rêvait d'être.


Cependant, chaque mensonge avait des conséquences, 

et ses actes finirent par la rattraper. 

Les fissures dans son masque se multipliaient, 

reflétant sa méchanceté évidente.la véritable nature de son être. 

Sa famille et ses amis, las de ses tromperies, 

commencèrent à douter de sa sincérité.


Alors que les vérités éclataient au grand jour, 

la femme fut confrontée à la réalité 

de ses propres mensonges. 

Elle comprit finalement que la recherche

 perpétuelle de validation et l'illusion de contrôle

 l'avaient isolé davantage. 

Les remords et la culpabilité la rongèrent 

tel un ouragan, détruisant tout ce qu'elle avait édifié.


Dans cet abîme de vérité et de regrets, 

elle réalisa qu'elle devait affronter ses démons intérieurs. 

Elle entreprit une longue thérapie pour guérir sa folie,

cherchant à comprendre les racines de ses mensonges 

et à guérir les blessures qui la tourmentaient.


Ce serait un chemin difficile, mais petit à petit, se libérer

 de son passé de mensonges et révéler sa véritable personnalité. 

La femme dérangée dans sa tête pourra t-elle se transformer 

en une personne plus authentique, je lui souhaite de tout coeur.


Et dans cette renaissance, qu'elle découvre la beauté de la vérité 

et la force de la sincérité. 

Qu'elle comprenne que le bonheur véritable 

ne se trouve pas dans les mensonges 

et les illusions, mais dans la véritable connexion avec les autres, 

basée sur la confiance et l'acceptation mutuelle.


C'est en fait dans ces quelques dernières lignes ce que je lui souhaite de mieux

car hélas j'ai été sa victime moi aussi.


07 février 2026

Le séducteur du Marché

 Sur le marché ensoleillé, à côté de la buvette

Une coquette et un inconnu se regarde les mirettes,

Ils se croisent devant le stand des andouillettes

Lui la renifle déjà, pensant déjà la retroussette.


Coquette, toute joliette, est une belle poulette.

Au cheveux soyeux de belle couleur noisette,

Lui, s’appelle Jacquette, un gars bien chouette,

Avec son air canaille et son allure guillerette.


Jacquette, sent venir l'odeur des amourettes,

Il s'approche de Coquette, le cœur en pirouette.

"Quelle belle journée pour déguster des andouillettes,"

Lançe-t-il à Coquette, avec un sourire en cachette.


Coquette, charmée, répond d'une voix doucette,

" tu es galant, mais ne me fais pas de boulette."

Ils partagent une andouillette, coquette se fait discrète.

Mais peu à peu, le filou Jacquette séduit son amourette.


Après le marché, on les voit ensemble, en dandinette.

Une chaumière en vue, un petit coin de tendrette.

ils s'installent, cachés sous la vieille fermette,

Et scellent leur amour d'une douce entourloupette.


Quelques mois plus tard, après plusieurs levrettes,

Naquirent dix belles pépettes toutes bien coquettes.

Joliette, Doucette, Fleurette, et Cosette,

Sans oublier Bouclette, Minette, Flaquette, et Criquette,

Ainsi que Roussette, et la petite dernière, Paillette.


Et voilà comment, sous le toit de la petite fermette,

Jacquette et Coquette, heureux, après leur escampette.

Dix fillettes parfaites, conçues dans la chambrette ,

partagent des andouillettes dans leur jolie cachette.

27 janvier 2026

La Mort Trompeuse.

  


Chapitre 1


Le téléphone sonna à 5 h 12.


Ce n’était pas tant l’heure qui surprit Pierrick Mandal, mais la manière dont la sonnerie s’imposa au silence, brutale, presque agressive. Elle déchira ce moment fragile où le sommeil n’est plus qu’un voile mince. Pierrick ouvrit les yeux sans bouger. À côté de lui, Madison dormait encore, tournée vers lui, une main posée sur son torse comme pour se rassurer qu'il est là.

La sonnerie vibra une seconde fois. Madison inspira plus fort, comme si son corps avait compris avant son esprit.

— C’est lui, murmura-t-elle.

Elle n’ouvrit pas les yeux. Pierrick n’eut pas besoin de demander qui.

Le boss ne téléphonait jamais sans raison, et surtout jamais à l’aube. Il préférait les messages laconiques, les échanges utiles. Les appels étaient réservés aux urgences.

Trente minutes plus tard, l’avenue Foch semblait figée hors du monde. Les gyrophares découpaient la nuit en fragments bleutés, projetant des ombres irréelles sur les façades haussmanniennes. Pierrick sentit cette tension familière s’installer dans sa poitrine, celle qu’il connaissait trop bien. Ils se dirigeaient à la même adresse que le boss leur avait donné.

Une adresse qu'ils reconnurent aussitôt. Un mort venait d'y être trouvé. Leur cœur battit un peu plus fort tandis qu'ils montaient dans la voiture pour s'y rendre.

L’appartement de Maxime était impeccablement rangé. Trop. Aucun livre ouvert, aucun vêtement abandonné. Une tasse de café reposait sur la table basse, à moitié pleine, encore tiède. Comme si le temps s’était arrêté au milieu d’un geste banal.

Maxime était affalé dans son fauteuil, la tête légèrement penchée sur le côté.

 Son visage était calme, presque apaisé.

Madison s’approcha, lentement, comme si elle craignait de troubler quelque chose.

— Il avait promis de nous appeler ce week-end…

Sa voix se brisa à peine.

Pierrick observa les mains de Maxime, ouvertes, détendues. Pas de rigidité. Pas de panique figée.

— Crise cardiaque probable, déclara le médecin légiste d’une voix neutre.

Pierrick acquiesça, mais son regard resta accroché à la scène. Quelque chose s'insinuait en lui. Une dissonance ténue, mais persistante. Une impression étrange de quelque qui cloche sans savoir vraiment quoi.


         Chapitre 2 

       Ce que l’on ne voit pas


L’autopsie ne laissa aucune place au doute officiel.

Mort naturelle.

Le cœur avait lâché. Le stress. Les années de métier. Les nuits trop courtes. Le légiste énuméra les causes possibles avec le détachement de ceux qui ont vu trop de corps.

Madison accepta le verdict presque immédiatement. Elle s’y accrocha même, comme à une rambarde. Maxime mort naturellement, c’était supportable. Maxime victime d’autre chose, beaucoup moins.

Pierrick, lui, ne parvint pas à tourner la page.

Avec Madison, après l'avoir convaincue, ils décidèrent d'enquêter sur la mort de leur ami. Ils voulaient savoir le pourquoi du comment ! Leur instinct leur disait que quelque chose clochait. Surtout à Pierrick d'ailleurs qui on le savait avait toujours ce truc en lui, celui de sentir les choses pas nettes.

Il se plongea dans les dossiers de l'enquête sur le décès de Maxime, mais lui alla beaucoup plus loin ; les relevés bancaires, les traces numériques. Ce n’était pas une enquête officielle, plutôt une dérive personnelle. Un besoin de comprendre.

Il découvrit un premier compte secondaire. Puis un autre. Rien de spectaculaire, mais une régularité troublante. Des virements modestes, mensuels, soigneusement dissimulés. Et ce depuis quelques années déjà.

— Il préparait peut-être sa retraite, suggéra Madison.

— Peut-être.

Mais Pierrick ne croyait pas aux peut-être.

Au bureau des enquêtes en interne, ils croisèrent Claire Monetti. Elle travaillait là depuis quinze ans. Toujours au même poste. Toujours discrète. Elle les salua brièvement, le regard déjà ailleurs. Elle aussi connaissait Maxime.

Pierrick remarqua la crispation de ses doigts sur le dossier qu’elle portait. Il était épais et lourd…

 Que contenait il donc ?


     Chapitre 3 


   Les hauteurs de Cimiez


La maison qu’ils occupaient sur les hauteurs de Cimiez avait longtemps été pour eux un luxe discret. Un endroit à l’écart, suffisamment loin du tumulte de Nice pour offrir le silence, suffisamment proche pour ne jamais rompre le lien avec le travail. D’ordinaire, Madison aimait s’y réfugier après les enquêtes lourdes. Ce soir-là, elle avait l’impression que les murs eux-mêmes observaient.

La nuit était tombée sans qu’aucun d’eux ne s’en rende compte. La ville scintillait en contrebas, indifférente, presque obscène dans sa tranquillité. Madison se tenait près de la baie vitrée, les bras croisés, immobile depuis de longues minutes. Pierrick la regardait sans parler, reconnaissant chez elle ces silences là, ceux qui précédaient toujours une bascule.

— Maxime nous a menti, dit-elle enfin. On croyait le connaître mais en fait qui était il donc ? Pourquoi avait il plusieurs comptes, pourquoi tous ces virements si réguliers ? Pourquoi ces cachoteries ?

Sa voix était calme, trop calme. Pierrick ne répondit pas tout de suite. Il se servit un verre d’eau, plus pour occuper ses mains que par soif.

— Tout le monde ment, répondit-il finalement.

— Pas comme ça.

Elle se tourna vers lui. Dans la pénombre, ses yeux brillaient d’une colère contenue.

— Il nous regardait dans les yeux. Il partageait nos repas. Il connaissait nos failles. Il devait être ton témoin à notre mariage.

Pierrick sentit une pointe de culpabilité lui traverser la poitrine. Maxime avait été plus qu’un collègue. Un allié. Un homme sur lequel on pouvait compter les yeux fermés. Il lui servait de confident..

— On ne peut pas juger un mort, murmura-t-il.

— Justement. On ne peut plus lui demander pourquoi.

Qui était donc Maxime ?

Madison se détourna à nouveau vers la ville.

— Et si on ne l’avait jamais vraiment connu ?

La question resta suspendue, lourde. Pierrick comprit alors que ce doute ne concernait pas seulement Maxime. Il s’insinuait entre eux, dans leur certitude d’avoir toujours su lire les autres. Leur métier reposait là-dessus. Comprendre. Anticiper. Voir ce que les autres cachent.

— S’il nous a menti sur ça, reprit Madison, sur quoi d’autre ?

Pierrick pensa aux comptes bancaires, à la tasse de café encore tiède, à cette mort trop propre. Pierrick pensait aussi à la facture de location de ce box trouvée chez Maxime. Il avait un garage, pourquoi un autre box en ville ?

— Alors on va regarder, dit-il simplement. Jusqu’au bout.

Il va falloir aller inspecter ce box.

Madison hocha la tête. Elle savait ce que cela impliquait. Des nuits sans sommeil. Des lignes qu’on franchit sans toujours s’en rendre compte.

Au loin, une sirène retentit. La ville continuait de respirer, inconsciente du basculement silencieux qui venait de s’opérer dans cette maison de Cimiez.


         Chapitre 4

 

        Les vidéos


Le box de stockage se trouvait dans une zone industrielle à l’écart de la ville, un de ces lieux anonymes où l’on range ce que l’on ne veut plus voir sans parvenir à s’en débarrasser. Pierrick eut immédiatement la sensation que Maxime avait choisi l’endroit avec soin. Ni trop loin, ni trop proche. Accessible, mais discret.

À l’intérieur, des cartons soigneusement étiquetés, du matériel informatique, et un disque dur externe, emballé dans une housse antichoc. Madison le saisit avec précaution, comme si l’objet pouvait encore mordre.

Ils attendirent d’être rentrés chez eux pour l’ouvrir.

Lorsque la première vidéo se lança, Madison détourna instinctivement le regard. L’image était tremblante, mal cadrée, mais le son était clair. Trop clair. Une voix suppliante. Puis un silence lourd, chargé de honte.

— Il les filmait à leur insu, murmura-t-elle.

Pierrick avançait image par image. Le cadrage, les angles, la répétition. Rien n’était laissé au hasard.

__ Mais comment s'y prenait on pour filmer ces gens ?

Les vidéos s’enchaînaient. Des hommes, des femmes. Des lieux privés. Certains visages leur étaient connus. Collègues, magistrats, élus locaux. Chaque découverte enfonçait un peu plus Madison dans un malaise sourd.

— On travaillait avec lui, dit-elle enfin. On le protégeait sans le savoir.

Pierrick ne répondit pas. Il comprenait trop bien ce que cela impliquait.

Maxime Santini n’était pas seulement un prédateur. Il était patient. 

Et il avait appris à exploiter la peur mieux que quiconque.

Maxime était un maître chanteur !

Mais comment savait il ou ces gens seraient pour aller y installer une caméra ? 

Et comment la récupérait il ?

Tant de questions auxquelles il fallait trouver une réponse.


               Chapitre 5 


             La seconde morte


Élise Carpentier fut retrouvée morte dans sa salle de bain un mardi matin, le corps étendu contre la baignoire. Les premiers rapports parlèrent d’une chute. Une mauvaise glissade. Un accident banal.

Madison sentit le choc lorsqu’elle lut le nom et vit son visage.

— Elle est sur une des vidéos.

Pierrick se pencha aussitôt sur le dossier. Élise était greffière. Discrète. Sans histoire. Trop discrète, peut-être.

L’autopsie révéla une substance chimique, destinée à laisser doucement le cœur s'arrêter.

Madison ferma les yeux.

— Maxime est mort, dit-elle. Mais ce qu’il a créé continue de tuer.


       Chapitre 6 


     Les ramifications


L’enquête n’avait rien d’officiel, mais elle dévorait leurs journées comme si elle l’était. Pierrick et Madison avançaient à pas feutrés, conscients que chaque question posée pouvait se retourner contre eux. Ils n’ouvraient jamais un dossier au même endroit deux fois. Ils parlaient peu au téléphone. La paranoïa était devenue une seconde nature.

Ils parlèrent à presque toutes les personnes filmées.

Tous étaient assez connues il ne fut pas difficile de les trouver

Les aveux arrivaient par fragments. Jamais spontanés. Toujours précédés d’un long silence, 

d’un regard fuyant, d’une phrase anodine destinée à tester le terrain.

Il s'avérait que tous connaissaient Maxime, que tous leur avait confié 

 leurs secrets et qu'il avait portes ouvertes chez eux. Un homme a qui on confierait sa vie !

__ Je lui faisais entière confiance

— Il avait quelque chose sur moi…

— Ce n’était rien au début…

— Je pensais pouvoir gérer.

__ Puis il m'a fait payer sinon ma vie était foutue..

Dans une voiture banalisée, moteur coupé, un collègue a qui il demandait pourquoi il faisait des virements à Maxime, fondit en larmes. Pas de cris, juste une fatigue ancienne, enracinée.

— Il m’a détruit sans lever la main. Il avait même les clefs de chez moi, 

c'était comme un frère pour moi. Je perdais tout s'il parlait..

Maxime Santini n’avait pas eu besoin de violence. Il avait compris que la honte suffisait. 

Qu’elle paralysait mieux que la peur.

— Il y en a combien comme ça ? demanda Madison en sortant du véhicule.

— Plus que ce qu’on ne voudra jamais admettre.

Chaque nom noté, chaque confidence recueillie, confirmait une chose : 

Maxime avait construit un système. Et un système ne disparaît pas avec son créateur.

Maxime notait chaque révélation qui pouvait lui servir.

On lui confiait tant de choses… Un ami parfait de confiance…

Mais voilà, il s'est fait tué et pas sans raison.

— Celui qui l’a tué savait exactement ce qu’il faisait, dit Madison cette nuit-là.

— Ou quelqu’un lui a montré comment, répondit Pierrick,

 quelqu'un qui sait comment tué sans se faire pincer ! 

__Cela ne te fais pas penser à quelqu'un ? Un savoir faire que Maxime a appris. 


             Chapitre 7 


          Claire


Claire Monetti avait bâti toute sa carrière sur une qualité devenue rare : l’effacement. Elle arrivait tôt, repartait tard, ne laissait derrière elle aucune trace inutile. Dans les archives, elle connaissait chaque couloir, chaque angle mort, chaque dysfonctionnement du système. On la croyait docile. Elle était attentive.

Lorsque son badge refusa l’accès ce matin-là, elle sut immédiatement que quelque chose s’était déplacé. Pas une enquête officielle — elle aurait été convoquée. Non. Quelque chose de plus dangereux : une attention silencieuse.

Madison la trouva tendue, plus bavarde qu’à l’accoutumée.

— Les serveurs sont capricieux ces temps ci, dit Claire avec un sourire trop appuyé.

Madison nota la crispation de ses doigts, la sueur aux tempes.

Elle avoua qu'un le dossier portait sur Maxime et qu'elle possédait un carnet appartenant à Maxime. Mais n'en dit pas plus. L'enquête n'étant pas officielle Madison ne pouvait rien réclamer de plus.

Elle dit aussi que Elise n'avait pas eu un accident..

Que en fait, Elise s'était donné la mort. La lettre envoyée à sa mère révéla que Maxime la faisait chanter. Elle n'eut plus l'argent pour le payer et préféra en finir… Plutôt que l'on sache le pourquoi du chantage. Avec les vidéos depuis, bien sur on savait.

Chez elle, ce soir-là, Claire sortit le carnet qu’elle cachait derrière le chauffe-eau. Elle le feuilleta lentement. Des dates. Des initiales. Des procédures notées avec une rigueur quasi clinique. 


       Chapitre 8


        L’invisible


Madison, le lendemain entra dans l'appartement de Claire.

 Elle était au travail. Elle le voulait ce carnet et finit bien sur par le trouver.

Avec Pierrick ils l'examinèrent en détail.

— Ce n’est pas un journal, dit-il. C’est une transmission.

Ca explique comment procéder au chantage.

Les notes faisaient référence à des concepts précis.

— Claire n’a pas inventé ça, dit Madison.

Un nom s’imposa avec une évidence glaçante.

Le nom d'un homme dont Pierrick aussi avait suivi les cours !

Pierre Marchand. Il n'y avait que lui ! Il l'avait souvent consulté pour des affaires de meurtres !

Ancien professeur, intervenant ponctuel dans plusieurs institutions publiques, 

spécialiste reconnu des mécanismes d’influence.

— Il enseignait comment détruire quelqu’un sans laisser de traces visibles, murmura Madison.

Ils comprirent alors que Maxime n’avait pas seulement été un prédateur. Il avait été un élève. 

Et sans le savoir l'instrument de sa propre mort.


        Chapitre 9


          L’homme qui savait


Pierre Marchand les reçut avec une courtoisie impeccable. 

Son appartement était rangé avec une précision presque ostentatoire. 

Rien n’y dépassait. Rien n’y vivait vraiment.

— Vous me prêtez beaucoup de pouvoir, dit-il avec un sourire mesuré.

Pierrick posa les fragments du carnet sur la table.

— Vous avez enseigné cela.

Marchand ne nia pas.

— Le savoir n’est jamais coupable. L’usage, peut-être.

Il expliqua comment Maxime l’avait approché. Comment Maxime avait suivi ses cours. 

Mais était ce sa faute s'il les avait mis à profit pour un usage personnel ??

 Pierrick acquiesça, il le savait puisque lui même avait été professeur de criminologie pendant un temps.

Claire fut de nouveau convoquée mais cette fois çi, à la brigade.

Ils avaient réussi à trouver la place de chaque partie du puzzle,

 le boss leur avait donné carte blanche. Ce duo était implacable, le boss le savait ! 

Jamais ils ne lâchaient !

Claire parla plus tard, sans trembler.

— J’ai compris que Maxime ne s’arrêterait pas. 

J’ai utilisé ce que je savais.

— Pour le tuer ? demanda Madison.

— Pour l’arrêter.

Je lui ai pris le carnet la nuit où je l'ai arrêter de faire chanter ces gens.

 Le suicide de Elise ne serait pas suivie d'autres morts. 

La nuance était essentielle.

Elle avait tué le maître chanteur pas l'ami ! 

C'était fini, il ne pourrait plus détruire des vies.


       Chapitre 10


         Ce qui reste.


Maxime Santini demeura une victime, mais néanmoins maître chanteur, 

Élise Carpentier, un suicide, Claire Monetti, une coupable idéale.

Les vidéos furent étalées à la présidence du tribunal, sous contrôle judiciaire. 

Maxime ne pouvait plus être jugé mais Claire oui !

Elle n'en avait tiré aucun profit, aussi sa peine ne fut elle pas aussi forte que normalement. 

On lui trouva des circonstances atténuantes.

Sur les hauteurs de Cimiez, Madison et Pierrick observaient la ville.

Ils savaient que ce qu’ils avaient perdu ne se résumerait jamais dans un rapport.

La confiance. L’innocence.

La certitude d’être du bon côté.

La ville brillait toujours. 

Eux un peu moins.

15 janvier 2026

Le Tueur en Série

Je m'appelle Michel Moulinet, je suis détective privé et j'ai la particularité d'enquêter sur des affaires non résolues ou laissant des doutes. J'ai 45 ans et sans me vanter, quand j'entreprends quelque chose rien ne peut m'arrêter ! Ma stature force le respect et cela m'aide beaucoup ainsi que une certaine clairvoyance qui je pense me vient de ma chère mère. Je suis souvent recruté par de la famille des accusés qui les pensent innocents ou par des personnes qualifiées.

J'ai une maison (Que j'ai rénovée car oui j'ai plusieurs cordes à mon arc)

dans les hauteurs des alpes où j'aime à me ressourcer et où m'attends mon fidèle 

Pinscher Allemand que j'ai nommé "Frérot". Quand je dois m'absenter, un ami veille sur lui. 

J'ai été chargé il y a quelque temps d'enquêter sur un tueur en série,

nommé Jack Chelou dit "Le Messager "

Voici son histoire.


Un tueur en série avait sévi, semant la terreur. Les médias lui avaient donné le surnom de "Le Messager" à cause des lettres qu'il laissait sur les lieux de ses crimes. Ces lettres, toujours longues et détaillées, racontaient ses actes avec une froideur naturelle mais sauvage. Le journal local relayait chaque nouvelle, et la peur s'installait au village.


Un jour, une lettre arriva au commissariat. Elle était différente des autres, portant non seulement des aveux, mais aussi une confession directe : le Messager révélait son identité. Il s'agissait de Jack Chelou, un résident du village.

 Il expliquait ses motivations, ses méthodes, et la satisfaction malsaine qu'il éprouvait à chaque meurtre.


Le délai entre la réception de la lettre et l'arrestation de Jack fut court. Les jurés furent choqués en lisant la confession lors du procès. Le juge, un homme d'expérience et de fermeté, écouta chaque passage de la lettre, pesant chaque mot avec soin. Il prit le temps d'écrire un jugement exemplaire, détaillant la cruauté des actes du meurtrier et l'impact sur la communauté. Le verdict fut sans appel : Il fut condamné à la perpétuité, sans possibilité de libération conditionnelle. Justice avait donc été rendue mais à jamais cette histoire resta dans les mémoires et encore plis de soixante années après je vous en parle encore !

Cependant , moi je me pose une seule question ?

Alors que rien ni personne ne le soupçonnait, pourquoi

se dénoncer ? 


Ce mystère me hantait, et je décidai d'explorer les archives, cherchant des indices oubliés. Un matin, à l'aurore, je me rendis au vieux commissariat, désormais abandonné. La pluie battait les vitres brisées, ajoutant une atmosphère sinistre à ma quête. Tandis que je fouillais les dossiers poussiéreux, je découvris une série de lettres, cachées derrière une vieille armoire.


Ces lettres, écrites par Jack Chelou lui-même, dévoilaient une vérité encore plus troublante. Il avait collaboré avec un mystérieux individu, connu seulement sous le nom de "L'Ombre". Cet acolyte semblait avoir une influence profonde sur Jack, le poussant à commettre ses crimes et à améliorer son art macabre. Chaque meurtre était un message, non seulement pour la police et les médias, mais aussi pour cet étrange mentor.


Mais pourquoi se dénoncer ? La réponse se trouvait dans une dernière lettre, écrite peu avant son arrestation. Jack décrivait une relation de pouvoir qui s'était inversée. L'Ombre, jadis maître manipulateur, était devenu une menace pour Jack lui-même. Sentant sa propre vie en danger, Jack n'avait vu d'autre issue que de révéler ses crimes pour se protéger. Mais était ce vraiment les siens ?


Alors que je quittais le commissariat, la pluie continuait de tomber, mon parapluie me servit bien. Ce que j'avais découvert ne répondait pas à toutes mes questions, mais jetait une lumière nouvelle sur les événements passés. Jack Chelou n'était peut-être pas le seul monstre à rôder dans les ombres de ce village...


En quittant le vieux commissariat, je ne pouvais m'empêcher de repenser à ces lettres troublantes de Jack Chelou. Le doute sur sa culpabilité grandissait en moi. Était il vraiment l'auteur de ces crimes atroces, ou n'était il qu'un pion dans un jeu plus complexe orchestré par L'Ombre ?

J'osais alors me lancer dans cette enquête.


La pluie continuait de battre les vitres des maisons que je passais, ajoutant une couche de mystère à mes pensées tourmentées. J'avais besoin de trouver des preuves tangibles, quelque chose qui pourrait soit confirmer soit démentir la culpabilité de Jack Chelou.


Je me dirigeai vers l'ancienne maison de Jack, un lieu que la police n'avait jamais entièrement fouillé, persuadée d'avoir tout ce qu'il leur fallait. En entrant, je remarquai un vieux carton abandonné dans un coin du grenier poussiéreux. Curieux, je l'ouvris avec précaution. À l'intérieur, je trouvai des objets personnels, mais surtout, un lourd livre en cuir, soigneusement caché sous une pile de vêtements.


L'ouvrant lentement, je découvris qu'il s'agissait d'un journal intime, rédigé par Jack lui-même. Les premières pages décrivaient ses rencontres avec L'Ombre, ses émotions et ses doutes. Plus je lisais, plus je ressentais la complexité de leur relation. Jack semblait éprouver une admiration mêlée de peur pour cet homme mystérieux. L'Ombre n'était pas seulement un mentor, mais un manipulateur habile, utilisant Jack pour ses propres fins sinistres.


En tournant une page jaunie, une lettre tomba du livre. Elle était adressée à "Mon cher Jack" et signée "L'Ombre". La lettre détaillait un plan macabre et précis dans l'action prouvant que L'Ombre avait une influence décisive sur chaque action de Jack. Ce document pourrait bien être la clé pour comprendre le rôle réel de Jack dans ces crimes.


Décidé à en savoir plus, je descendis au sous-sol, où une vieille rumeur parlait d'un coffre caché. Après une longue et minutieuse recherche, je trouvai enfin une petite trappe sous un tapis miteux. En forçant un peu, je parvins à ouvrir le coffre. À l'intérieur, une série de photos choquantes montrant L'Ombre en train de manipuler des scènes de crime. Ces preuves photographiques semblaient indiquer que L'Ombre avait peut-être commis certains des meurtres lui-même.


Tout autour de moi, l'obscurité semblait se resserrer. J'éprouvais un mélange d'escalade de la peur et de colère. Cette découverte mettait en lumière la possibilité que Jack n'était qu'un bouc émissaire, manipulé jusqu'à la folie.


En sortant de la maison, mon esprit tournait. J'avais encore beaucoup de questions sans réponse, mais une chose était claire : Jack Chelou n'était peut-être pas le monstre que tout le monde croyait. La vraie menace, L'Ombre, rodait toujours quelque part autour, dans les ombres de ce village.


Je savais que la prochaine étape de mon enquête allait être dangereuse, mais il n'y avait pas de retour en arrière possible. Il me fallait démasquer L'Ombre et révéler la vérité, quoi qu'il en coûte. Mon cœur battait à toute allure, mêlant la peur à une étrange joie d'être enfin sur la bonne piste d'une belle surprise.


Ainsi, la pluie tombait toujours, et sous ce ciel lourd, je lançai un regard déterminé vers l'avenir. Le long chemin qui s'ouvrait devant moi était large et sinueux, mais je n'étais plus seul dans cette quête. Les ombres allaient enfin dévoiler leurs secrets, et avec eux, la véritable nature du mal qui hantait ce village.


Alors que je marchais sous la pluie battante, une trouvaille incroyable me revint en mémoire, quelque chose que j'avais presque oublié dans la hâte de quitter la maison de Jack. Une autre lettre, plus petite, était restée coincée entre les pages du journal. Je m'arrêtai sous un réverbère, tirant la lettre de ma poche pour l'examiner de plus près. Elle était adressée à "L'Ombre", écrite de la main tremblante de Jack.


"Mon cher mentor," commençait elle, "les mailles de votre filet se resserrent autour de moi. Je sens la menace, la bataille invisible que vous menez pour m'écraser sous votre emprise. Vous avez fait de moi un monstre, mais sachez que je possède un secret qui pourrait tout détruire. Dans l'ancienne grange, sous la botte de paille la plus grande, se trouve la preuve de votre véritable identité."


Mon cœur s'emballa. Une grange ! Cela pourrait être la clé pour démasquer L'Ombre. Je me mis en route vers la périphérie du village, là où se trouvait l'ancienne ferme abandonnée. La pluie continuait de tomber en mitraille contre mon parapluie.


Arrivé à la grange, j'entrai avec précaution. L'obscurité était oppressante, mais je ne pouvais pas me laisser distraire. Je me dirigeai vers une botte de paille de taille imposante, la plus grande de toutes. Après quelques efforts, je la déplaçai non sans difficulté, pour révéler une trappe en bois dissimulée en dessous. C'était lourd car les bottes de paille devaient être là depuis longtemps, mais celle çi était seule un peu à l'écart des autres comme pour se faire remarquer.


Sous cette trappe, je découvris un petit coffre en fer. L'ouvrant avec précaution, je trouvai des documents et des photos d'une importance capitale. L'Ombre, le manipulateur, n'était autre que le chef de la police locale, un homme respecté et au-dessus de tout soupçon. Les preuves étaient accablantes : correspondance secrète, photos compromettantes, et des plans détaillés des scènes de crime.


Ma découverte déclenchait un mélange de joie et d'horreur en moi. Joie de savoir que j'étais sur la bonne voie, et horreur en réalisant l'ampleur de la trahison et de la manipulation. Le chef de la police avait utilisé Jack comme un pion, se servant de son influence pour orchestrer une série de meurtres et semer la terreur, tout en restant au-dessus de tout soupçon.


Il était maintenant clair que Jack Chelou, bien qu'impliqué, n'était pas le véritable monstre. L'Ombre avait manipulé chaque aspect, tirant les ficelles dans l'ombre pour satisfaire ses sombres désirs.


Soudain, j'entendis des bruits de pas autour de la grange. Le chef de la police, se dirigeait vers moi. Mon cœur battait la chamade alors que je me préparais à l'affronter, armé de la vérité et des preuves en ma possession.


La confrontation était inévitable. Tandis que les pas se rapprochaient, j'enfonçai les documents et les photos dans mon sac, prêt à tout pour révéler la vérité. La porte de la grange s'ouvrit avec fracas, laissant apparaître la silhouette imposante du chef de la police. Son regard, habituellement calme et autoritaire, était cette fois rempli d'une fureur glaciale.


"Je savais que tu étais trop curieux," lança t-il avec un sourire méprisant.

 "Tu aurais dû laisser cette affaire là où elle était."


Je me tenais droit, malgré la peur qui nouait mon estomac.

 "Tout est fini pour toi. J'ai des preuves de ta culpabilité. Les gens sauront enfin la vérité."


Son sourire s'élargit. "Des preuves? Crois tu vraiment que tu sortiras vivant d'ici pour les montrer?"


Avant que je puisse réagir, il se jeta sur moi. Nous luttâmes dans la poussière de la grange, chaque coup résonnant comme un écho de la violence et de la trahison qui avaient marqué cette affaire. Il était plus fort, mais la détermination me donnait une énergie désespérée.


Dans un dernier effort, je parvins à lui asséner un coup sur la tête avec le coffre en fer, le mettant hors de combat. Haletant, je me relevai, les mains tremblantes. Il était inconscient, mais il ne resterait pas ainsi longtemps. Il me fallait agir vite.


Je courus hors de la grange, les documents précieux serrés contre moi. La pluie battait toujours, mais cette fois, elle semblait purifier le village des ombres qui l'avaient si longtemps hanté. Mon objectif était clair : je devais me rendre au commissariat, informer les autorités supérieures et exposer la vérité.


Le trajet fut un brouillard de peur et de détermination. À chaque coin de rue, je m'attendais à voir surgir le chef de la police, prêt à me faire taire pour toujours. Mais la chance me sourit ce soir-là. J'atteignis le commissariat et demandai à voir le commandant régional.


Une heure plus tard, entouré de policiers et avec le chef de la police en menottes à côté de moi, je présentai les preuves accablantes. Les photos, les lettres, les plans de crime — tout indiquait clairement que L'Ombre n'était autre que cet homme en qui tout le village avait eu confiance.


L'effet fut immédiat. Une enquête fut lancée, et les preuves accumulées conduisirent à l'inculpation du chef de la police pour manipulation, conspiration et meurtre. Le village tout entier fut secoué par la révélation. Les habitants, longtemps terrifiés par le Messager, réalisèrent que la véritable menace avait été parmi eux, déguisée en protecteur.


Quant à Jack Chelou, il fut réévalué. Bien qu'il eût commis des crimes, l'ampleur de sa culpabilité fut réduite en raison de la manipulation dont il avait été victime. Sa sentence fut commuée, et il fut transféré dans un centre spécialisé pour recevoir l'aide dont il avait besoin.


Pour ma part, cette aventure me laissa avec un sentiment de devoir accompli et de profonde tristesse. Le village avait perdu son innocence, mais avait gagné en vérité et en justice. La pluie cessa finalement, et un nouveau jour se leva sur un village décidé à reconstruire sur des bases de confiance et de transparence.


Le mystère de L'Ombre et du Messager fut résolu, mais les cicatrices demeureraient pour toujours. Pourtant, dans ce monde de secrets et de trahisons, la vérité avait triomphé. C'était une petite victoire, mais une victoire tout de même, une lumière dans les ténèbres.

12 janvier 2026

Les histoires d'Elle reprennent du service

 Bonjour

L'appel de l'écriture est plus fort que tout quand cette passion

n'est pas asssouvie.

Ma devise cette année ; 

Je fais ce que je veux sans me justifier !